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Probabilités : modèles, événements et conditionnement
Issues et événements
L’univers $\Omega$ est l’ensemble fini non vide des issues possibles. Un événement $A$ est une partie de $\Omega$ ; une issue $\omega$ le réalise si $\omega\in A$. $\operatorname{Card}(A)$ est son nombre d’issues.
$A\cap B$ signifie « A et B », $A\cup B$ signifie « A ou B, éventuellement les deux », $\overline A=\Omega\setminus A$ est l’événement contraire. $\varnothing$ est l’événement impossible.
Un couple est ordonné. $S\times T$ contient les couples $(s;t)$ avec $s\in S,t\in T$ ; s’ils sont finis, son cardinal vaut $\operatorname{Card}(S)\operatorname{Card}(T)$.
Calculer une probabilité
Une loi attribue aux issues des probabilités $p_i\geq0$ de somme $1$. La probabilité d’un événement est la somme des probabilités de ses issues.
L’équiprobabilité est une hypothèse : toutes les issues ont la même probabilité. Elle seule permet, ici, de compter les issues favorables sur les issues possibles :
Attention : le contraire de « aucun » est « au moins un ».
Voir un exemple — Additionner les probabilités d’une loi non uniforme
Une loi non uniforme
| Issue | $a$ | $b$ | $c$ | $d$ |
|---|---|---|---|---|
| Probabilité | $0{,}1$ | $0{,}2$ | $0{,}3$ | $0{,}4$ |
Les probabilités sont positives et leur somme vaut 1. Pour $B=\{b;d\}$, $\mathbb P(B)=0{,}2+0{,}4=0{,}6$. Le quotient $\frac24$ ne convient pas : les quatre issues ne sont pas équiprobables.
Probabilité conditionnelle
Pour $\mathbb P(A)>0$, la probabilité de $B$ sachant $A$ est :
« Sachant A » restreint la référence à A ; ce n’est pas forcément une cause. Si $\mathbb P(A)=0$, le quotient n’est pas défini. Dans un univers fini équiprobable avec $A$ non vide, $\mathbb P_A(B)=\frac{\operatorname{Card}(A\cap B)}{\operatorname{Card}(A)}$.
Exemple : choisir uniformément parmi $80$ commandes ; $30$ sont en casier ($A$), $40$ traitées le même jour ($B$), $18$ les deux. Alors $\mathbb P_A(B)=\frac{18}{30}$ et $\mathbb P_B(A)=\frac{18}{40}$. Inverser la condition change le dénominateur.
Comprendre pourquoi — Pourquoi le conditionnement change l’effectif de référence
Dans un univers fini équiprobable de $N>0$ issues, pour $A$ non vide :
Le facteur $N$ se simplifie. La référence devient $A$, dont le cardinal est non nul.
Lire un arbre et un chemin
Lire un arbre de la racine aux extrémités : premier niveau, $\mathbb P(A)$ et $\mathbb P(\overline A)$ ; second niveau, probabilités conditionnées par la branche déjà suivie. Les poids issus d’un même nœud somment à un. Le schéma suppose $0<\mathbb P(A)<1$ pour définir les deux conditionnements.
Multiplier les poids du chemin A puis B donne $\mathbb P(A\cap B)$, pas $\mathbb P(B)$.
Comprendre pourquoi — Pourquoi multiplier les poids d’un chemin
Par définition, $\mathbb P_A(B)=\frac{\mathbb P(A\cap B)}{\mathbb P(A)}$. Multiplier les deux membres par $\mathbb P(A)>0$ donne :
Le produit utilise bien la probabilité du premier événement puis la probabilité du second sachant le premier.