CoursTerminale maths complémentaires
Schémas de Bernoulli et loi binomiale
Loi uniforme et espérance
La loi d’une variable aléatoire donne ses valeurs possibles et leurs probabilités. Pour un nombre fini de valeurs $x_i$, son espérance est une moyenne pondérée :
Elle n’est pas nécessairement une valeur possible. Pour $m$ entier strictement positif, la loi uniforme sur $\{1;\ldots;m\}$ donne :
Épreuve et loi de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli a deux issues : succès de probabilité $p$ et échec de probabilité $1-p$, avec $0\le p\le1$. La variable $B$ vaut $1$ au succès et $0$ à l’échec.
L’écart type mesure la dispersion autour de l’espérance. « Succès » désigne seulement l’issue comptée.
Comprendre pourquoi — Retrouver l’espérance et la variance de Bernoulli
On considère une variable $B$ de Bernoulli, avec $0\leq p\leq1$. On utilise la définition de l'espérance et la formule $V(B)=E(B^2)-E(B)^2$.
Les deux valeurs possibles sont $0$ et $1$, de probabilités $1-p$ et $p$. Donc
Pour chacune des valeurs $0$ et $1$, le carré égale la valeur elle-même. Ainsi $B^2=B$ et $E(B^2)=p$. On en déduit
Comme $0\leq p\leq1$, ce produit est positif ou nul. L'écart type, racine carrée de la variance, vaut donc $\sqrt{p(1-p)}$.
Schéma et coefficients binomiaux
Un schéma de Bernoulli répète un nombre fixé $n$ d’épreuves indépendantes, toutes de même probabilité de succès $p$. L’arbre à deux épreuves montre des branches $p$ et $q=1-p$ à chaque niveau.
Pour $n\ge0$ entier et $0\le k\le n$ entier, $\binom nk$ compte les façons de placer $k$ succès parmi $n$ épreuves.
Le triangle de Pascal place $1$ aux bords et additionne les deux nombres situés au-dessus. Pour $n\ge2$ et $1\le k\le n-1$ :
Voir un exemple — Compter les chemins donnant un seul succès
Deux épreuves
On note $q=1-p$. Dans cet arbre à deux niveaux, chaque branche de succès porte $p$, quels que soient les résultats précédents : c'est l'effet de l'indépendance.
Les chemins $S\overline S$ et $\overline SS$ donnent chacun un seul succès. Leurs probabilités sont $pq$ et $qp$. Comme ces chemins sont incompatibles, la probabilité d'un seul succès vaut
Loi binomiale
Le nombre $X$ de succès d’un schéma de Bernoulli suit $\mathcal B(n;p)$ et prend les valeurs $0,\ldots,n$. Pour $n\ge1$, $0<p<1$ et $k$ entier de $0$ à $n$ :
Si $p=0$, $X=0$ certainement ; si $p=1$, $X=n$ certainement. Pour $n=0$, $X=0$ certainement. Ces cas évitent d’écrire $0^0$.
Exemple : pour $X\sim\mathcal B(4;0{,}3)$, $\mathbb P(X=2)=6\times0{,}3^2\times0{,}7^2=0{,}2646$. Chaque bâton du diagramme a pour hauteur $\mathbb P(X=k)$ ; la somme des hauteurs vaut $1$.
Comprendre pourquoi — Pourquoi le coefficient binomial multiplie la probabilité
Pour $n\geqslant1$ et $0<p<1$, chaque chemin à $k$ succès a la probabilité $p^k(1-p)^{n-k}$ par indépendance. Les $\binom nk$ chemins sont incompatibles : leurs probabilités s’additionnent. Les cas $p=0$, $p=1$ et $n=0$ se traitent directement sans $0^0$.
Probabilités cumulées et intervalles
Poser $F(k)=\mathbb P(X\le k)$, avec $F(-1)=0$. Une calculatrice peut fournir ces probabilités cumulées. Pour $0\le a\le b\le n$ entiers :
« Au moins $a$ » inclut $a$ ; son contraire est « au plus $a-1$ ». Pour choisir un intervalle sous une contrainte de probabilité, calculer sa probabilité et la comparer au seuil demandé. $F$ est croissante ; contrôler la borne précédente si une borne minimale est demandée.
Premier succès : loi géométrique
La loi binomiale compte les succès dans un nombre fixé d’essais ; la loi géométrique compte les essais jusqu’au premier succès. Pour des épreuves indépendantes de même paramètre $0<p\le1$, le rang $X$ du premier succès appartient à $\mathbb N^*$.
Pour $0<p<1$, avec $q=1-p$ et $k\ge1$ entier :
Pour $p=1$, $X=1$ certainement. Poser $S(0)=1$ ; pour $n\ge1$ entier :
Pour une variable à valeurs dans $\mathbb N^*$, la loi est géométrique si et seulement si $S(m+n)=S(m)S(n)$ pour tous entiers $m,n\ge0$. Si $S(m)>0$, cela donne :
Après $m$ échecs, l’attente supplémentaire a la même loi qu’au départ. Le diagramme illustre les six premiers rangs pour $p=0{,}25$ ; la loi continue au-delà.
Voir un exemple — Calculer une probabilité après quatre échecs
Soit $X$ le rang du premier succès d’épreuves indépendantes de même paramètre $p=0{,}25$. Alors $q=0{,}75$ et $P(X>4)=q^4>0$. L’absence de mémoire permet de calculer :
Les trois essais supplémentaires ont la même probabilité de tous échouer que les trois premiers.